.
.

Homo Ludditus

Less is more and nothing is good enough

.

La 3e saison de Sherlock, un peu trop bidon ?


Pierre Sérisier, dans Le Monde : Sherlock y es-tu ? [SPOILERS AHEAD!]

Les fans ont-ils, encore une fois, gagné ? En effet, le risque est bien de s’adresser trop aux fans et de finir par ne plus s’adresser qu’à eux. Les intrigues policières ont été reléguées au second plan. Si elles restent intelligemment écrites, elles ne prennent plus le spectateur aux tripes. Où sont passés les frissons à la découverte d’un corps ?

Aux oubliettes, le seul mort de cette saison, c’est le grand méchant Magnussen. Et nous connaissons tous l’identité de son criminel. Dans le premier épisode, Sherlock doit empêcher le parlement d’exploser (des tendances James Bond, sir ?), dans le second, le grand mystère est de savoir comment Sherlock va assurer le discours de témoin au mariage de Watson (car la résolution de deux meurtres, pardon, deux tentatives de meurtres ratées importe finalement assez peu), et dans le troisième… Nous ne sommes pas bien sûrs, en vérité.

On croit que cette fois, c’est bon, c’est reparti, on va avoir droit à une VRAIE enquête, un VRAI épisode de Sherlock… Et non. On a presque de la peine pour Lars Mikkelsen, qui joue admirablement «  the bad guy  », mais qui n’a finalement pas assez de place pour exister.

Que s’est-il passé ? Sherlock est devenu trop gentil, peut-être. Deux ans d’absence semblent avoir considérablement changé sa personnalité. L’évolution d’un personnage qui se décrit lui-même comme sociopathe ne peut qu’être difficile. Soit le personnage ne change absolument pas, soit il change beaucoup trop. Que Sherlock se rende compte de l’amitié qui le lie à Watson, soit. On n’attendait que ça. On voudrait même croire qu’il est possible qu’il devienne carrément burlesque, comme dans cette scène, assez hilarante, où il se déguise en serveur français pour surprendre Watson.

Mais que Sherlock se montre aussi adorable avec Mary, fiancée de Watson… Incompréhensible. Non seulement il sourit presque mièvreusement lorsqu’il apprend aux jeunes mariés qu’ils attendent un enfant (seriously ?), mais en plus il passe complètement à côté du fait… que c’est une ancienne espionne. Enfin, peut-être.

Ca non plus, nous ne sommes pas bien sûrs. Sherlock attendrit. Sherlock qui donne des leçons de couple (voyons, Watson, c’est évident que c’est de ta faute). Sherlock qui feint d’être en couple. Sherlock qui dit à Molly qu’elle est la personne la plus importante de sa vie (really ?!)… Nous sommes un peu perdus. Voire complètement.

Oui, la série a changé. Sherlock n’est plus le personnage sombre, étrange, antipathique mais terriblement fascinant de la première saison. Les intrigues ne sont plus les fils principaux de l’histoire, mais des prétextes à regarder évoluer à l’écran des personnages devenus attachants. On frissonne moins, on rit plus.

Sherlock est même devenue une série familiale, non seulement dans le sens où le détective apparaît à l’écran avec ses parents, et de plus en plus avec son frère, mais en plus car, dans l’équipe, on travaille en famille. En effet, Mary est la vraie femme de Martin Freeman, les parents de Sherlock sont les vrais parents de Benedict Cumberbatch, et dans le dernier épisode apparaît le (vrai) fils de Steven Moffat.

On peut débattre, longuement, sur cette dernière saison. Il y aura ceux qui penseront que c’est bon, c’est terminé, ils remballent. Et les autres, comme moi, qui malgré tout sont plus amoureux que jamais, et attendent la quatrième saison avec impatience. Surtout qu’on nous a encore offert un sacré cadeau. Des mois et des mois à se demander, mais Moriarty, comment a-t-il fait, lui ?!

J’ajouterai quelques opinions personnelles.

Ah bon, la domestication de Sherlock. Un Sherlock qui maintenant baise Janine. C’est provisoire et c’est pour une cause, mais quand même…

vlcsnap-2014-01-27-13h32m25s23

Les incongruences du 3e épisode de la 3e saison sont gênantes, à mon avis. Pour ne rien dire sur ce qui est trop invraisemblable pour un tel personnage (Pierre Sérisier l’a déjà fait, bien qu’il oublie de mentionner Janine), je ne vais signaler qu’une seule inadvertance.

Comment se fait-il qu’aucun gorille de Magnussen ne perquisitionne Watson et Holmes à leur arrivée à Appledore, alors que cela ne leur échappe pas lors de la visite de Magnussen à Baker Street? C’est une omission essentielle pour le dénouement, et tout à fait irréaliste.

En plus, il y a trop de coïncidences, trop de synchronisations parfaites et improbables, et la cerise sur le gâteau… un autre mort vivant, Moriarty.

Trop, c’est trop.

Ah, et l’on exagère une fois de plus sur le «  palais de la mémoire  », mais c’est pour une autre fois.

P.-S. : J’avais oublié. Après que Sherlock s’échappe de l’hôpital, dans toutes les scènes qui suivent, il n’y a aucun signe de douleur, aucun boitement. Et quand ils sont tous arrivés à Baker Street, Sherlock ne tente pas de s’asseoir, son discours est tenu debout, encore une fois sans aucun signe de faiblesse…

vlcsnap-2014-01-27-14h23m12s58

…alors que, quelques minutes plus tard, les ambulanciers doivent réellement l’emmener.

vlcsnap-2014-01-27-14h27m14s209

En quel sens est-il un grand acteur, ce Benedict Cumberbatch ?




2 thoughts on “La 3e saison de Sherlock, un peu trop bidon ?

  1. Fluieratorul

    Yes, I liked Lars Mikkelsen very much, too bad they “killed” him… That was a very resourceful character.

    Reply

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>